Intérieur de boutique-hôtel chic et industriel
La brique apparente donne tout de suite le ton : une matière franche, laissée visible, qui traverse les espaces et sert de fil conducteur à cet intérieur de boutique-hôtel. Installé dans deux bâtiments de 1906, le projet compte 23 chambres réparties sur quatre niveaux. Dans les pièces communes comme dans les chambres, la lecture du lieu passe par des contrastes nets entre maçonnerie, menuiseries sombres, textiles et surfaces minérales.
La brique apparente comme point d’ancrage
Le vocabulaire du lieu part d’un mur en briques apparentes, parfois associé à une ouverture en arc ou à une découpe ronde dans la maçonnerie. Cette trame donne de la profondeur aux pièces et évite l’effet de décor plaqué. On la retrouve derrière la cheminée, dans les séquences de circulation et près des zones de séjour, où la brique dialogue avec des éléments plus lisses et plus sombres. L’aménagement hôtelier s’appuie ici sur une matière déjà présente dans l’enveloppe intérieure du bâtiment.
Le concept ne cherche pas à effacer les traces laissées par l’ancienne période de squat. Les murs couverts de graffiti ont servi de point de départ au projet. Plutôt que de reconstituer un intérieur disparu, l’ensemble reprend cette mémoire visible et la transforme en paysage graphique. Les surfaces restent sobres, mais le geste n’est pas neutre : il organise une lecture urbaine du lieu, avec des aplats clairs, des zones de contraste et des détails noirs qui cadrent les vues.
Un lobby habité autour du feu
Dès l’entrée, la réception se lit comme un salon. La cheminée occupe une place centrale, avec à côté un petit bar sur mesure près de la cheminée qui prolonge le point d’accueil sans rompre l’échelle domestique de la pièce. Les sièges bas, le tapis circulaire et le meuble sombre autour du foyer composent une zone d’attente précise, où le regard passe de la maçonnerie brute aux finitions plus lisses. Le lieu sert aussi le petit-déjeuner, dans une configuration simple et directe.
Cette première séquence montre bien le parti pris du projet : un intérieur d’hôtel industriel chic, mais sans emphase. Les lignes restent nettes, les matériaux se répondent par opposition plutôt que par effet décoratif. Une ouverture de type niche, des volumes de rangement intégrés et des luminaires suspendus donnent une cadence claire à la pièce. Le mobilier ne cherche pas à capter la lumière ; il la laisse glisser sur les surfaces sombres et sur les zones de briques plus texturées.
Bar, cheminée et assise basse
Le bar s’inscrit à hauteur de main, dans le prolongement du foyer. Cette proximité resserre l’espace et donne une lecture presque domestique de la réception. Les finitions sombres du meuble font ressortir la couleur irrégulière des briques, tandis que l’assise et les tables basses ménagent des pauses dans le parcours. Le tout est pensé comme une séquence courte, lisible d’un seul regard, sans surcharge de matières.
Des chambres compactes, organisées par la matière
Les 23 chambres sont réparties sur quatre étages et adoptent une logique claire : un lit, une tête de lit textile, une fenêtre cadrée par des rideaux et un meuble intégré dans l’épaisseur du mur. Le contraste entre le textile sombre et les parois plus claires structure l’espace sans multiplier les effets. Dans plusieurs vues, le panneau capitonné au motif géométrique donne une assise visuelle au lit, tandis qu’un petit meuble de nuit se fond dans le dessin de la paroi.
L’intérieur de boutique-hôtel reste lisible jusque dans les chambres grâce à une palette réduite. Les menuiseries foncées, les détails de métal et les tissus tendus remplacent les ornements disparus. Cette retenue donne du relief aux proportions, surtout quand la lumière du jour vient frapper le rideau et l’angle du lit. L’ensemble garde une échelle adaptée à l’usage hôtelier, avec des rangements discrets et des surfaces qui ne saturent pas la pièce.
Salle de bain ouverte et séparation nette
Chaque chambre est dotée d’une salle de bain ouverte avec WC séparé, une organisation qui laisse la circulation fluide tout en marquant clairement les fonctions. Les images montrent des vasques sombres, des parois de douche nettes et, en arrière-plan, la brique visible qui reste présente même dans les espaces humides. Le miroir rond apporte une forme plus douce dans un ensemble dominé par les lignes droites, tandis que la robinetterie chromée souligne les reflets sur les surfaces foncées.
Le traitement de la salle d’eau ne s’écarte pas du reste du projet. Les carreaux, les plans de vasque en pierre sombre et les parois transparentes prolongent la lecture industrielle sans la durcir. On y retrouve la même logique que dans les espaces communs : peu d’éléments, mais chacun placé pour rendre les volumes compréhensibles. Le WC séparé permet une vraie dissociation des usages, visible dans la composition des chambres et dans la manière dont les plans s’enchaînent.
Escalier bleu, couloirs sombres et signes graphiques
Les circulations introduisent une note plus vive avec un escalier tapissé bleu et une rampe métallique. Le bleu recouvre les marches comme un plan continu, tandis que les barreaux noirs dessinent une ligne verticale régulière. Dans le couloir, les murs sombres accueillent une grande image graphique et la vue s’ouvre sur l’escalier. Cette composition donne au déplacement une vraie présence visuelle, sans transformer la circulation en décor autonome.
Le traitement des passages renforce l’identité du lieu. Entre les chambres, on retrouve des panneaux graphiques, des vitrages encadrés de métal et une lumière de plafond répartie en points précis. Les surfaces plus mates absorbent une partie des reflets, ce qui fait ressortir les éléments clairs : une signalétique d’image, un garde-corps, une ouverture, une niche. Ce sont des détails simples, mais ils donnent de la continuité à l’ensemble du bâtiment.
Des détails sur mesure pour une lecture claire des espaces
Dans les espaces de séjour et de restauration, le mobilier intégré organise la pièce avec précision. On voit des fronts de bar ouverts, des étagères, des tables aux plateaux clairs et des chaises à structure noire. Le contraste entre les matériaux rend les usages immédiatement lisibles. Ce type d’aménagement hôtelier évite les effets démonstratifs : chaque élément sert un geste concret, accueillir, s’asseoir, circuler, déposer. L’arrière-plan en brique ou en pierre garde la mémoire du bâti en place.
Les formes rondes et les découpes dans la maçonnerie apportent une respiration dans cette trame rectiligne. Un miroir circulaire, une ouverture cintrée, un tapis arrondi ou une niche dans le mur suffisent à adoucir les lignes les plus nettes. Le projet ne cherche pas à lisser les contrastes ; il les rend lisibles. C’est cette tension entre structure ancienne, détails noirs et matières confortables qui construit l’image de cet intérieur d’hôtel industriel chic.
Au final, la force du projet tient moins à l’accumulation qu’à la manière dont chaque espace garde sa propre mesure. La brique apparente, les pièces sombres, les tissus tendus, le bar près de la cheminée et l’escalier bleu composent une suite de repères clairs. Rien n’est surjoué. Le lieu avance par fragments, et c’est précisément ce qui donne au boutique-hôtel son caractère intérieur : une suite de surfaces concrètes, de parcours lisibles et de détails qui répondent à l’histoire visible des murs.
Want to see more of Jeroen de Nijs? View the page of Jeroen de Nijs for even more great projects and company information.







